Le blog de la Jamais Contente

Digressions et points de vue caustiques sur l'automobile d'aujourd'hui et d'hier

31 mai 2007

Delahaye, voiture des nababs et des damnés de la terre ?

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De la lutte des classes à la gauche caviar, de la monarchie républicaine aux chimères de l'État modeste, la gauche française a toujours entretenu des rapports ambigus, pour ne pas dire embarrassés, avec l’argent et les signes extérieurs de richesse. En effet, comment côtoyer les ors de la République sans se couper de la base ? Comment se déplacer dans une limousine avec chauffeur sans braver le délit de social-traîtrise ? La question ne date pas d’hier et lorsqu’en 1950, le Parti Communiste Français passa commande de deux somptueuses Delahaye blindées, l’affaire ne manqua de soulever la polémique.

Premier apparatchik du PCF de 1930 à 1967 et dévot de l’URSS ayant élevé le stalinisme au rang de seconde religion de France, Maurice Thorez fut aussi le premier homme politique français à rouler dès avant la guerre en voiture blindée. La précaution n’avait certes rien d’un luxe éhonté à une époque où le spectre du moujik tenant un couteau entre ses dents hantait encore les bourgeois honnêtes. De là à rouler dans la voiture des capitalistes à gros cigare que stigmatisait la propagande gauchiste, il y a un pas que le PCF n’hésita pas à franchir.

En 1950, le parti des fusillées offrit aux camarades Maurice Thorez et Jacques Duclos une paire de Delahaye 180 blindées. La prestigieuse firme de la rue du Théâtre n’en produisit qu’une petite dizaine d’exemplaires à l’intention de clients aussi peu suspects de dérives marxistes que le roi du Yémen. A quatre millions et demi de francs la pièce, soit sept fois le prix d’une Traction 15-Six ministérielle et vingt fois la somme demandée pour une 2CV, l’évènement avait de quoi laisser perplexe cette France encore à genoux.

Dans la plus pure tradition de la haute couture automobile française, les deux élitistes véhicules furent carrossés artisanalement dans les ateliers d’Henri Chapron, Delahaye n’ayant fourni que le châssis type 180. Le six cylindres en ligne de 4,5 litres pour 120 ch avait fort à faire pour entraîner à 110 km/h maxi les trois tonnes de l’engin blindé aux glaces à l'épreuve des balles. Comme sur nombre de Salmson, Delage et Hotchkiss contemporaines, le chauffeur bénéficiait d’une commande de boîte électromagnétique Cotal manœuvrable du bout des doigts. Vue par l’homme de la rue, il faut bien reconnaître que l’allure quelque peu décadente de l’auto paraissaient assez éloignées des minima sociaux prônés par la CGT.

Du pain béni pour les caricaturistes et les plumes caustiques ! Peu coutumier des harangues révolutionnaires, le journal “Ce Matin“, apparenté RPF, constata ironiquement que “les ouvriers voient avec plaisir les coûteuses merveilles offertes par le PCF à son secrétaire.” Ce à quoi l’Humanité répondit que “les ouvriers la regardent en effet avec plaisir, parce (…) qu’ils ne veulent pas voir subir à leur plus sûr défenseur le sort de Jaurès…” L’Humanité n’a en revanche pas souhaité rappeler que Lénine posséda une Rolls-Royce. Ou que les opulentes ZIZ utilisées par Staline, cet affable petit père des peuples comme chacun sait, n’avaient rien à envier aux tanks officiels prisés des nations réactionnaires.

Le règne de Thorez achevé, le PCF évita de reproduire ce que l’on appelle pudiquement aujourd’hui une erreur de communication et les cadres du parti se montrèrent fidèles à la Régie Socialiste des Usines Renault (sic). Cela n’empêcha pourtant pas Georges Marchais de rouler en DS, cette icône bourgeoise des barons gaullistes et des capitaines d’industrie, un choix d’autant plus ironique vu la phobie du rouge alors en vigueur parmi les dirigeants de Citroën.

Mais que voulez-vous, la lutte des classes et les oppositions idéologiques, c’est bien, mais la nature humaine est ainsi faite que tout un chacun supporte honorablement les bons traitements et le confort quatre étoiles. Chassez le naturel, il reviendra au galop !

Posté par Laurent B à 18:26 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mai 2007

MG, the neverending story

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Flonflons et confettis dans l'arrière-cour, on a ressorti les vieilles gloires et exhibé la fierté des grands jours en ce 29 mai. Une énième fois et jusqu'à la prochaine banqueroute, ces braves MGistes nous ont refait la cérémonie du grand retour. J'ignorais que le monde des affaires puisse jamais être philanthrope, mais qu'on se le dise, et surtout, que l'on s'en persuade, grâce aux gentils petits chinois de Nanjing Automotive Corporation (NAC), MG renaît une nouvelle fois de ses cendres.

Comme si la liquidation judiciaire d'avril 2005 n'avait jamais eu lieu, les roadsters TF sortent à nouveau de l'usine de Longbridge, haut lieu tellement prestigieux, symbole de l'anéantissement d'une industrie dont l'interminable agonie fait depuis longtemps le bonheur des Jeremy Clarkson et autres Richard Porter.

La chaîne de montage, anciennement dévolue aux Mini Classic, a beau n'occuper qu'un recoin d'une usine fantôme livrée depuis deux ans à l'appétit végétal, les moteurs ont beau venir tout montés de Chine, on a sauvé les apparences à force de confettis et de banderoles.

La part de marché de l'ex groupe, sinon groupuscule, MG Rover avait à ce point sombré ces dernières années que je doute fort de l'ampleur fracassante de l'évènement en dehors du cercle des dévots, d'autant que les rondeurs datées d'un unique modèle vieux d'une douzaine d'étés, ne sont plus de toute première fraîcheur dans un segment très sensible aux effets de mode. Mais qu'importe les sarcasmes des cyniques, en ce jour de fête, l'on s'autorise toutes les espérances, et nous aurons bien tort de ne pas en profiter, en attendant le prochain charcutage de l'ex-empire BLMC et la scission entre M et G.

(Photo Austin Rover Web Ressource)

Posté par Laurent B à 15:04 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mai 2007

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Posté par Laurent B à 12:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2007

Libérez Florence et Marianne !

Costa, Bellu, Carat, Guérithault… A défaut de nostalgie stérile, l'Auto-journal grand format des Trente Glorieuses nous rappelle une toute autre époque. Une époque où le temps semblait s’écouler plus lentement entre des lancements de modèles parfois distants d’une génération humaine. Une époque où le prix des voitures neuves, options comprises, tenait sur une seule et unique page, alors qu'aujourd’hui, un double encart central ne suffit plus à contenir ne serait-ce que l’arsenal optionnel de la plus modeste des Audi.

Dans un tel contexte pas vraiment bousculé par l’actualité, la plus insignifiante cure de chevaux ou la moindre conversion à l'essence ordinaire, et la 104 compassée ou la R20 broyeuse de noir gagnait son aller-retour pour Montlhéry avant passage en règle au banc-d'essai de l’Auto-journal.

Pour respirer entre deux batteries de mesure menées au dixième près, il y avait la bouffée de fraîcheur du « point de vue de madame », la rubrique enjouée et décalée tenue par le tandem Florence Remy et Marianne Antoine. Entre futilités nécessaires et digressions essentielles, leur délicieux langage tout à la fois pétri de culture et de charmantes métaphores, me ravirent toujours d'avantage que les logorrhées chiffreuses d’un André Costa légèrement obsédé par l’arithmétique.

Autre époque, autres mœurs. Aujourd’hui, les constructeurs bombardent les rédactions d’image virtuelles de modèles à peine au stade de l’industrialisation quand l’obsolescence guette les nouveautés avant même leur entrée en concession. Si l’actualité dépasse les réalités d’une industrie trop lourde pour suivre le rythme sans bugs ni rappel en masse, le journaliste n’a jamais eu autant de matière où trouver fiel et inspiration. Peine perdue, une remarquable aptitude à recopier les communiqués de presse ainsi qu'un vocabulaire que l’on ne retrouve plus guère que chez certains animateurs de jeux télévisés, on cessé de me désespérer.


Exemple tiré d’un hebdomadaire navrant, plus à sa place dans les toilettes que dans les kiosques, à propos de la Phantom de Sylvester Stallone :
« la Rolls, ça rend beau… »


Et si ça, c’est pas du Rimbaud !

Posté par Laurent B à 19:33 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mai 2007

Une en moins...

La_BMW_de_Mesrine_finit___la_casse

Posté par Laurent B à 13:03 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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