Le blog de la Jamais Contente

Digressions et points de vue caustiques sur l'automobile d'aujourd'hui et d'hier

15 juin 2007

Le meilleur des deux mondes ?

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Déjà deux ans que MG Rover a mis la clé sous la porte et allez savoir pourquoi j’ai oublié de sortir mon mouchoir à l’approche de ce tragique anniversaire. Bien que n’étant pas tout à fait insensible aux charmes troubles du cuir odoriférant, j’éprouve toujours autant de mal à saisir comment la firme au drakkar est parvenue à maintenir aussi longtemps la farce de la Rolls du pauvre ni comment certains aficionados, sans doute trompés par les miroirs déformants d’une nostalgie romanesque, ont pu pleurer le constructeur de la Rover série 800, cette si peu glorieuse remplaçante de l’encore admirée SD1.

On avait beau savoir ce moyen de transport aussi prompt au raidissement des corps caverneux qu’un parcmètre automatique, les chirurgiens plastiques de chez Rover, à défaut de posséder le même budget R&D que VW, mirent tout leur talent d’illusionnistes pour ériger leur trop oubliable clone d’Honda Legend en dernier rempart du luxe made in England. Ils tentèrent d’y parvenir en parant notamment leur série 800 d’un pastiche de radiateur dégoulinant de chrome aussi seyant qu’un tutu rose à la taille de Camilla Parker-Bowles.

Avant tout, c’est une Rover, fanfaronnait il y a une douzaine d’années une publicité prodigieusement confiante en l’image de son produit à une époque où certains résidus d’Austin Metro et break Montego écumaient encore la gamme Rover.

En marketing aussi, la foi déplace les montagnes. Je me souviens bien de ces prestigieux catalogues que les concessionnaires se gardaient bien de distribuer aux simples empileurs de brochures. Sur papier glacé, en grand format, les éclairages sophistiqués illuminaient de lueurs fauves cuir magnolia et veinures boisées alors qu’au détour d’une page à fort grammage apparaissait un vieil artisan lissant la ronce de noyer de ses mains amoureuses. Devant une telle débauche de raffinement, on n’imaginait pas monter dans une Rover série 800 sans s’être préalablement muni de patins…

Et pourtant, sur le papier, la série 800 avait tout pour sortir son constructeur du marasme en effaçant durablement des mémoires le cauchemar British Leyland. Fruit d’un accord quasi providentiel avec Honda qui finira par jeter Rover dans les bras des japonais, son moteur V6 Honda bénéficiait de la caution technologique d’un des meilleurs motoristes du monde tandis que le blason Rover, encore auréolé du succès de la SD1 et des iconiques P5/P6, avait su préserver son prestige à peu près intact après le bérézina Leyland. La synthèse idéale ? Presque, car si synthèse il y eut, la Rover série 800 a surtout réalisé l’exploit d’allier l’insipidité stylistique japonaise à la totale non-fiabilité britannique.

Le meilleur des deux mondes, en quelques sortes.

Posté par Laurent B à 08:13 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Heureusement, bientôt, il y aura la Roewe 75... Tu peux déjà faire chauffer ton clavier!

Posté par Joest, 29 juin 2007 à 10:07

Le meilleur des deux mondes

Finalement l'avenir de MG Rover ne passera pas par le Japon mais par la Chine...

Posté par Elisabeth, 19 décembre 2007 à 15:51

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