Le blog de la Jamais Contente

Digressions et points de vue caustiques sur l'automobile d'aujourd'hui et d'hier

16 juin 2007

Etat d'âme.

peugeot_504_coupe_1977_01_m

Grâce aux éclairages foudroyants de L’Eglise catholique, nous savons maintenant que la femme possède une âme. Mais qu’en est-il de l'automobile ? Si la question se pose quant à nombre de légendes roulantes de notre mythologie matérialiste, la cause me semble définitivement entendue à la vue trivialement ordinaire d’une Peugeot Deux Cent chose ou Trois Cent et quelques. J’exclurais toutefois le cas notable des 504 coupé et cabriolet. Car, à l’évidence, l’existence ou non d’une âme chez ces mythes trop oxydables dépasse en importance le débat sur le sexe des anges. Voici pourquoi.

Tout a commencé ce jour de prime enfance où la griffe Farina m’a enlevé à mes pauvres Majorette de bac à sable pour m’élever au rang des plaisirs de Grands. A une époque où mes co-détenus de cour de récréation jouaient à Shérif fais moi peur à bord de Dodge Charger imaginaires sinon enviaient la Ferrari d’un célèbre privé en chemise à fleur, j’affichais déjà une préciosité de goût assez peu compatible avec la manifestation puérile d’une virilité post-larvaire.

Lorsque j’eux les jambes assez longues pour atteindre les pédales plus ou moins douces, on ne rencontrait déjà plus ces beautés rongées par le cancer oxydant que dans les pages d’une presse rétro alors embryonnaire. Hélas, la réalité de la première prise en main brisa les pains de sucre de mes rêves enfantins.

La belle endormie que m’avait vantée un vieux magouilleur 3% honnête, ravi d’abuser de la naïveté d’un post-boutonneux, m’attendait dans une grange entre une volière à poule et un vieux pressoir. Je passerais sur la teinte verdâtre aussi attirante qu’une marre assoupie et la sinistrose d’un tableau de bord gai comme un congrès de l’ex-RDA.

Une batterie de récupération et quelques de giclées de Start Pilote plus tard et le laborieux quatre pattes en fonte daignait s’ébrouer. Je revois encore dans le miroir  rétroviseur ma mine déconfite à l’audition désespérante dudit moulin. C’était, comment vous dirais-je, un bruit aussi emprunt de virtuosité qu’un tambour couinant de machine à laver, un cauchemar de trivialité, inexpressif et inexprimable à force de fadeur, un bruit  qui à force de faire du bruit, appelait le silence.

En somme, il manquait à ce coupé 504 quelque chose d’essentiel, de substantifique, de décisif. Comme dit-on déjà ?

De l’âme ?

Posté par Laurent B à 08:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=199162&pid=5394045

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :