24 juin 2007
Larmes de crocodile.
Ressortez les pleureuses du placard et arborez vos plus belles larmes de crocodiles, bandes de compassés tartuffes, l’Alfa 166 vient de tirer sa révérence et comme à chaque trépas d’exotique un tant soit peu folklorique, bloggers et pisse-copies décrètent la fin d’une époque, sinon celle d’un monde, à longueur de notes chagrinées.
Comme ces êtres prétendus si chers mais dont on a l’impression qu’ils n’habitent les cœurs que le jour de leur enterrement, l’Alfa 166 n’aura attisé lyrisme et déclaration d’amour qu’aux deux extrémités d’une carrière hexagonale passablement effacée. Il est vrai qu’on l’avait depuis longtemps enterrée tant elle semblait commercialement morte. Songez que durant l’année écoulée, tout juste 126 French lovers ont bravé le risque de dépréciation effrénée et le délit d’atypisme et l’on mesurera bien vite que la passion à ses raisons que la raison n’ignore pas de tout.
Car de là à provoquer des ruées vers les trop rares revendeurs Alfa-Romeo et s’arracher l’une de ces ultimes méconnues invendables qui, même dûment convertie au Diesel obligatoire et banalisée en gris rase-muraille, décote à peu près aussi promptement qu’un gouvernement Fillon, le sentimentalisme touche a ses limites.
Pour ma part, je n’aurais pas l’hypocrisie d’occulter que la terrible nouvelle ne m’a point empêché de dormir sur mes deux oreilles ni de goûter mets et maîtresses avec force appétit. Crime de lèse-compassion ? Que nenni, je me réserve pour l’oraison funèbre de la Lancia Thesis !
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