07 avril 2008
Nouvelle Citroën C5. Audi sans audace.
A défaut de s'illustrer auprès des meilleures écoles de management, Citroën nous a livré en matière de berlines les plus beaux bras d'honneur que l'on pût adresser à la pensée unique allemande. Au fil des décennies, les grandes Citroën ont à ce point représenté le prototype de l'anti-Mercedes, qu'elles furent notamment choisies par Erich Honecker, dernier cacique de la RDA et célèbre amateur de CX Prestige.
Quand l'Ordre établi imposait esthétiques insipides et techniques compassées, Citroën nous pondait des OVNIS aux silhouettes de submersibles dont les réactions venues d'ailleurs nécessitaient quasiment l'obtention d'un permis spécial. Entre autres étrangetés de roman d'anticipation, les Citroën nous renvoyaient aux Voyages Extraordinaires de Jules Vernes. De là à se croire pour Nemo aux commandes du Nautilus, il y a qu'un pas que Roland Barthes franchit allègrement dans ses mémorables Mythologies.
Mais les basses considérations mercantiles ont depuis bien longtemps fait leur oeuvre uniformisante. Le client allemand étant à l'automobile ce que la ménagère de moins de cinquante ans est à la télé poubelle (pléonasme), Citroën se doit aujourd'hui de faire des pieds et des mains devant monsieur et madame Schmidt. Et ce avec d'autant plus de zèle que le double chevron se trouve sur le marché allemande "en position de conquête", à savoir à peu près inexistant.
En résulte cette nouvelle C5 aux forts accents germaniques. Leitmotiv : de l'Audi, encore de l'Audi, toujours de l'Audi. Pour si peu d'audace. Le "progrès" paraît-il l'exige, reste qu'à moins d'avoir un faible pour une dépreciation plus importante et un service après-vente moins attentionné, la probabilité que monsieur et madame Schmidt préfèrent la copie à l'originale n'effraie que très modérément chez nos amis d'outre-Rhin.

