Le blog de la Jamais Contente

Digressions et points de vue caustiques sur l'automobile d'aujourd'hui et d'hier

31 mars 2009

Sans légende.

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Posté par Laurent B à 22:28 - Volvo - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Quand Mémé Tartine se fâche...

A l'aube des années 80, nous étions en pleine Turbomania.


La BMW 2002 Turbo, ses 170 ch et 220 km/h et la Porche 930 Turbo son gros flat-six de 3,0 l turbo de 260 ch et 245 en pointe, impressionnaient les foules à la moitié des années 70!


Songez que cette expression toute relative de la toute puissance qu'est la vitesse étonnait quand la majorité des voitures du commerce de l'époque plafonnaient à 160 km/h.


Près de 17 000 morts inutiles par an sur les routes françaises, la limitation à 130 km/h sur autoroute, deux chocs pétroliers, l'un en 73 et l'autre en 79, la fin des grands empires sirédurgiques, des charbonnages, des Trente Glorieuses, la montée du chômage n'ont semble-t-il, pas entamé la passion des Français pour les voitures très rapides.



Le réseau autoroutier français, bien qu'en retard par rapport aux voisins allemands et italiens, moins étendu, était un terrain propice à ce dernier espace de liberté qu'est la vitesse libre en sursis.


Mais avec quelle monture, que diable?


Outre les rares et exotiques grosses américaines à la vignette et à la conso délirantes, les puissantes et très chères allemandes, les capricieuses italiennes au cuore sportivo, les salons roulants anglais prestigieux plus souvent à l'arrêt, au garage, en grève qu'au travail et des voitures françaises en déclin et à la qualité disparate, vers quel horizon automobile le client BCBG put-il orienter son choix?


L'alternative scandinave représentée par les deux grands suédois Saab et Volvo était marginale pour le premier et boudée pour le second.


La faute à une presse française d'opinion de l'époque glosant à qui mieux-mieux sur les chars d'assaut sécuritaires de pères-la-morale Volvo, à la consommation élevée, aux perfs' risibles et à l'aspect stylistique rebutant pour ne pas dire autre chose...



Dans un contexte pareil, notre client-type aisé peu au fait de la chose automobile va signer un gros chèque vers une valeur sûre allemande dotée d'une mécanique sans caractère et même si cette dernière est scandaleusement dépouillée tant la liste d'options est chère comme la peau bien tendue de nos fesses et longue comme un jour sans pain.



Une bouffée d'oxygène marketing et technique s'invita par le substantif "turbo-compresseur".



Issu de l'aéronautique, cette pièce mécanique lourde de quelques kilos seulement, a le bon goût de doper des moteurs de série à bon compte de chevaux-vapeur vite gagnés et à moindre coût.


Le rêve du constructeur donc, et par des campagnes de publicité, des rallies et diverses courses automobile interposés, ce vocable se fit une renommée même dans la bouche du client le plus ignare, qui en rêva à son tour.


Dans les années 80, la régie Renault sortit sa R 18 Turbo et 110 ch, BMW une grosse 745 à injection et turbocompressée de 252 ch et boîtoto 3 rapports, sans compter les dragsters Alpina tout juste homologués pour la route, Porsche sa 930 Turbo, Saab sa 99 Turbo de 145 ch et Volvo, enfin, sa 244 Turbo et ses 155 chevaux.


L'un des avantages et non des moindres des voitures Turbo est fiscal; là où une luxueuse Volvo 264 GLE V6 exigeait une carte grise et une vignette à acquitter de 15 CV à l'heure des feuilles mortes, une Volvo 244 Turbo "titrait" 10 CV tout rond!

Pour se consoler, ça laisse de quoi boire un coup au bar-tabac, séïde le plus vil du Ministère des finances.


Ce calcul de la puissance fiscale est d'une complexité d'usine à gaz au point que de nombreux pays nous envient les crânes d'oeuf à l'alopétie distinctive, pondant des formules aussi obscures que des alchimistes essayant de transformer le plomb en or!


Au contraire de ce que suggère à grand'peine la double page publicitaire tirée d'un Paris-Match bien beauf, La Volvo 240 en général et la Turbo en particulier s'offrent à un public éduqué, cadre ou profession libérale, peu nombreux mais fidèle, connaisseur et très exigeant.


"La vraie richesse ne s'affiche pas" ou "le luxe sans la frime" pourraient être des slogans caractérisant cette clientèle éprise de discrétion.


La 244 Turbo (ou 245 T pour le break) est une familiale sportive qui cache bien son jeu.


Son moteur 2,1 litres à injection K-Jetronic et au turbo américain Garrett soufflent 155 ch DIN et une courbe de couple "en pointe" de 24 m.kg à 3750 tr/mn.


Pourquoi "en pointe"?


A l'usage, ce moteur Turbo "très plein" pour l'époque a deux étages d'expression:


Un caractère de gros chat paisible qui enroule les tours comme un brave atmosphérique, sans mollesse ni promptitude.


A l'étage supérieur, au-dessus de 3000 tr/mn souffle le feulement d'un tigre pas spécialement amène, et ça pousse plutôt fort, la Volvo ne pesant que 1330 kg toute équipée.


Même dans cette spécificité technique, cette Volvo 240 Turbo se mérite, il est nécessaire de connaître cette monture pleine de bonne humeur pour en goûter les talents routiers.


Aujourd'hui encore, et près d'un quart de siècle plus tard, cette Volvo vitaminée abat le 0 à 100 km/h en 9,0 s et les reprises énergiques de 70 à 110 en 7 s.


Mamie Turbo à l'image de Mémé tartine distribuant des baffes aux malotrus, endort de son apparence débonnaire les présomptueux ignares en Hdi-Tdci-Dci pour mieux les enrhumer rien qu'avec le vent de la baffe loupée.


Une trentaine de kilomètres parcourus au volant de cette Volvo familiale sportive particulièrement décalée de nos jours, est un vrai remède contre la sinistrose ambiante.


J'ai toujours la banane en la quittant tant cette Volvo est attachante!


Détail mesquin mais important à l'heure des bourses légères, l'absence "totale" de technologie rend cette Volvo Turbo très facile d'entretien et bon marché dans son segment.


Le chic, c'est de faire l'entretien soi-même à l'image d'un palefrenier qui prend un soin tout particulier à son beau Quarter horse américain fessu aux accélérations équines sans équivoque!



Je finirai en citant Jean-Louis Trintignant, merveilleux acteur et personnage lettré et fin, qui concluait ainsi l'essai d'une Volvo 244 Turbo menée tambour-battant:


"Cette suédoise au tempérament de feu, cache bien son jeu. on pourrait la conduire avec un chapeau.
mais sous le chapeau, on rigole comme un gamin!"

Posté par Olive 244 T, 01 avril 2009 à 17:53

la supr volvo

de la pv 444 b4b de 1954,la 164 de 1972,l'amazone,la 740,la 460 turbo, 244 turbo,la 850,la 940,j'ai fait le tour,de toute la 240 turbo que j'ai vendue et a qui?incroyable au musée de la gendarmerie a bruxelles,reste pour moi la VOITURE ,qui avec 155 chevaux,la premiére voiture déformable,familiale? super pas tape a l'oeil,avec 155 chevaux le régal,la super volvo,pour le plaisir,a 61 ans je recherche une 242 ou 244 turbo

Posté par destree, 08 juin 2009 à 19:44

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