21 avril 2010

BMW : la fin des propres pulsions ?

2004_06_39

Quel paradoxe ! Jamais le marché automobile n'a offert, ou plutôt, vendu, autant de silhouettes différentes. Pourtant, jamais les dessous de nos déesses de plastoc n'ont été autant semblables, quand elles ne partagent pas tout bonnement les mêmes moulins par le truchement des joint-venture. Dans ce monde globalisé où s'impose l'échelle transcontinentale, la course à la rentabilité ignore cultures d'entreprise et folklore technique.

Fini, donc, les autos dont je pouvais citer la marque rien qu'à l'oreille, étant minot ! Quoi de commun, à l'époque, entre une Alfasud et une Volvo 343, une Citroën GS et une VW 1303 !  Entre le moteur à plat ou en ligne, le refroidissement soit par eau soit par air, la transmission par les roues avant ou postérieures, sans parler bien sûr des roues plus moins dépendantes ou de la disposition de l'ensemble moteur-boîte, nous n'avions pas seulement affaire à différentes maniaqueries techniques fortement ancrées dans les cultures d'entreprise, mais aussi à des écoles de pilotage bien distinctes lorsque survenaient pluie et neige sur un itinéraire en lacet !

Traction, moteur transversal, quatre cylindres en ligne, refroidissement par eau et boîte en bout composent à présent les caractéristiques universelles de la voiture de grande diffusion, et ce en Europe comme en Asie. Crise oblige, les Etats-Unis, longtemps hermétiques à ce diktat, y viennent aussi. On en revient peu à peu aux années 20 où la quasi intégralité de la production mondiale s'alignait sur des schémas techniques similaires.

Même chez BMW, chantre de la propulsion à outrance, y compris sur le segment des compactes, on s'interroge. Et pour cause. Selon une récente étude, 80% des clients de BMW série 1 pensent conduire une... traction ! La politique d'ouverture à de nouveaux clients trouve là son revers. Les puristes du dérapage contrôlé s'arracheront les cheveux, mais qui, parmi tous ceux venus commander leur compacte Diesel chez BMW, savent encore rattraper une dérive du train arrière en situation critique ? Qui, parmi ces m'as-tu-vu pour qui seule importe la marque, risqueraient leur ego-mobile sur sol gras sans anesthésiant électronique ?

N'en doutez point, la traction BMW arrive !

Posté par Laurent B à 16:58 - - Commentaires [1] - Permalien [#]



Commentaires sur BMW : la fin des propres pulsions ?

    Qui fait quoi? T'es qui, toi??

    Naguère, c'est-à-dire une petite quarantaine d'années en arrière, n'importe quel badaud interrogé sur le passage ou la ligne d'une automobile, était à même, sans coup férir, de désigner la marque à défaut du modèle concerné.

    Effectivement, entre le futurisme cultivé de Citroen aux lignes effilées, aérodynamiques, le cubisme sécuritaire revendiqué par Volvo, le côté trapu sportif des Alfa Romeo, la nervosité anguleuse d'une Renault 16, l'intemporalité batracienne du dessin d'une Porsche 911, le côté cunéiforme bestial des monstres sacrés ultra-sportifs transalpins, ... arrêtons-là ce bestiaire à la Prévert!

    De nos jours, les Toyota Corolla, comme les Ford Fiesta, Escort, les Honda Civic,... doivent en être à la trentième génération avec aucune communauté technique entre l'exemplaire originel et l'actuel, à l'exception du porte-clés et du badge accolé à la calandre à peine modifié.

    Et, signe des temps, un joli panneau coloré alphabétisé devant chaque modèle proposé à la vente en concession, censé renseigner le putatif primo-accédant sur la consommation d'énergie du modèle exposé à l'instar des lave-linges rangés en rangs d'oignons dans le hangar voisin d'une enseigne d'électro-ménager.

    La mode éphémère des modèles d'automobiles dont les rotations sont censées raviver le désir du propriétaire avide de nouveautés, au changement dès le nouveau modèle arrivé en concession, n'est point un scoop!

    Les Américains fidèles au dieu U.S. $ Dollar, ont organisé cette tarentelle consumériste à la fin des années 50.

    Cette valse folle des modèles a pris corps sur le Vieux Continent au début des années 90.

    Entre les quatre à cinq ans d'études d'un modèle en partant ex-nihilo et une carrière longue de presque 20 ans pour la DS Citroen, les 15 ans de la Renault 16, les 15 ans d'une Peugeot 205, les 13 ans d'une Volvo 120 Amazon, les 18 ans d'une Volvo 240/260 ... et nous parlons-là de diverses automobiles ayant connu un succès d'ampleur national, voire international, quid donc d'une conception actuelle de moins de 2 ans mise au point comprise, et une carrière raccourcie dans le temps mais nullement en volume?

    Le temps d'attraper un verre d'eau et d'y dissoudre un Alka-Seltzer...

    Posté par Olive 244 T, 22 avril 2010 à 00:17 | | Répondre
Nouveau commentaire