08 décembre 2008
Faut-il brûler les stylistes ?
Faut-il brûler les stylistes ? Nul besoin tant leurs idées sont déjà fumeuses ! Ces artistes en vue qui écument les revues à la mode, les mondanités où l'on s'exhibe et les expos intello-masturbatrices, vivent perchés dans une dimension parallèle. Et la réalité bassement concrète de leurs concepts n'engage que les cobayes qui les subissent.
Souvenez-vous de la Lamborghini "Ah putain, regarde-moi ce cul !" Je fais bien sûr allusion à l'émoi spontané qu'exprima Ferruccio en patois piémontais lorsqu'il découvrit cette... chose. Cette oeuvre de jeunesse, non, d'adolescence, même pas, de prime enfance, dûe au beau Gandini, hésitait entre l'inconséquence puérile et la révolte pré-pubère. Rien d'étonnant à ce que la "Bon Dieu qu'elle m'excite cette salope !" (autre traduction possible) s'afficha si longtemps dans les chambres de boutonneux puant le foutre rassis entre moult créatures propices aux épanchements nocturnes. Si en 1971, le prototype LP500 arracha les râles du désir aux visiteurs du salon helvétique au point de motiver une industrialisation, Bob Walace et consorts s'aperçurent bien vite que les branchies latérales ne suffisaient pas à refroidir une voiture quotidiennement roulante (la précision a son importance pour une Lamborghini de ce temps-là) et l'on dut y greffer d'hideuses cheminées que la "WOUAAAAAAAAAAAAA !!!" (voir plus haut) arbora toute son interminable carrière.
Le principal enseignement de ce monstre réside dans l'impossibilité de marquer l'histoire du design tout en descendant sa vitre à l'approche d'une gare de péage. En effet, l'ouverture de la glace ménageait un espace à peine supérieur à l'interstice entre les cuisses d'Anita Ekberg dans la fontaine de Trevi. Notons également qu'en dépit de la présence judicieuse d'une marche arrière, celle-ci n'aidait en rien le conducteur puisque jeter un oeil par la soupirail arrière revenait à regarder sa télévision à travers la fente d'une boîte aux lettres. Il fallut un hurluberlu tel Jeremy Clarkson pour apprendre, des années plus tard, à négocier un créneau avec une "Oh oui, oh oui, je viens !" l'élytre conducteur relevée, le fessier hissé dans l'embrasure de la porte et le corps rejeté en dehors de la voiture.
Mais soyons indulgent, on n'a jamais acheté une "(censuré)" pour aller faire provision de cholestérol chez Lidl. Quant aux stylistes, ne leur jetez donc pas la pierre, nous sommes tous derrière. Car comme eux, ne sommes-nous pas tous de grands gamins ?

