31 mars 2009
Sans légende.
13 décembre 2008
Sans légende.
15 octobre 2008
Le temps des bons clients.
En dépit de ma résolution à écrire de "vrais articles" à l'intention des "vrais gens", j’éprouve toutes les peines du monde à exprimer l’ennui abyssal dans lequel me plongent les dernières Volvo. Les photos de presse parvenues à mon indifférence ont provoqué en moi les mêmes effets érectiles qu'un abribus ordinaire un soir de grisaille. Sans plus de relief que de grief, ces autos ne suscitent rien d’autre que l’apathie alors que mes crocs se cassent sur leurs trop lisses surfaces comme la goutte d'eau glisse sur le galet inaltérable. Le verbe tari, l’inspiration en berne, je dois capituler devant l’inexpressive insipidité de ces insignifiances. Un vrai cauchemar de chroniqueur en verve.
Et dire qu’il y a vingt ans, Volvo aurait alimenté ma plume la plus volubile, en ces temps bénis où les sœurs siamoises 740/760 déclinaient sur deux catégories sociales les deux facettes de la même farce automobile ! Que de regrets leur disparition me laisse !
Oui, les grandes Volvo des années 80, c’était vraiment l’Amérique ! Pas tant pour le meilleur que pour le pire. Conçue pour plaire au pays des tanks chics et choc, leurs lignes brutales à la finesse toute martiale traduisaient un souci aérodynamique à peu près égal aux sympathies maoïstes chez un WASP puritain en pleine crise mystique. En nos latitudes marquées par le culte du Cx triomphant, la proue verticale frisait la curiosité touristique, mais que dire de cette fameuse lunette arrière qui tombait quasiment à angle droit sur la malle rectiligne, sinon que l’on n’avait jamais autant disserté sur ce genre de détail depuis l’Ami 6. L’analogie avec la Citroën ne s’arrêtait pas là puisque une grande partie des pigeons-acheteurs se reportèrent sur les variations breaks, moins propices au choc culturel, et que l’importateur français dénomma pudiquement « 5 portes » pour ne pas dire « wagon à brocanteur ».
Débarquée la première en 1982, la 760 GLE tenait son lustre d’un pauvre V6 PRV passablement diminué par les normes antipollution US quand les 740 ne purent compter que sur des poumons asthmatiques hérités de la 240. Le salut précoce de versions « TURBO » permit à nos parpaings de viser bon gré mal gré le cap du 200 compteur à force d’évolutions « INTERCOOLER » et « 16S », fussent-elles au prix d’un comportement routier complètement dépassé par les évènements. Que l’on se rassure, 760 et 740 ne durent leur (relatif) succès dans l’Hexagone qu’à un brave Diesel de camionnette VW qui était à la routière racée ce que la draisine est au TGV. La rocailleuse cacophonie de ses six cylindres catarrheux mitraille encore mes tympans alors que se ranime le souvenir d’une boîte « overdrive » aussi exotique qu’inutile.
Malgré tout, aucune de ces curiosités folkloriques n’égalait les vertus hilarantes d’un essieu arrière rigide que Volvo maintint jusqu’à l’absurde face à des concurrentes ayant depuis belle lurette accordé l’indépendance à leurs roues motrices. Ah, ce célèbre essieu de charrette marocaine qualifié sans rire d’ « essieu à voie et carrossage constant » par les maîtres de l’euphémisme commercial ! On a fini par s’y attacher. A tel point que l’on a redouté sa disparition lorsque Volvo annonça son premier train arrière moderne à l’automne 1988.
Fort heureusement, chez Volvo, la modernité ne s’entendait alors qu’à géométrie variable. Pour ne pas bousculer un cœur de clientèle fossilisé dans le passéisme, les nouvelles techniques ne s’appliquaient que très parcimonieusement, longtemps, très longtemps après avoir été éprouvées par la concurrence. Ainsi le nouvel essieu multi-bras n'imposa ses subversives idées indépendantistes qu’aux roues postérieures des seules 760, berlines de surcroît. De peur de provoquer des frondes ? L’arrivée de la nouvelle gamme 940/960 à l’automne 1990 ne fit guère de vague. Sous les dehors un peu moins abrupts d’une silhouette à peine effleurée par des crayons d’une prudence maladive, nous retrouvâmes avec bonheur les sempiternelles tares endémiques à notre Volvo d’amour, l’éternelle, la seule, l’unique ! Au besoin, les sous-minorités groupusculaires d’ultra orthodoxes jugeant les changements trop radicaux, purent encore passer commande d’une 740 jusqu’en 1992 !
En dépit de la contribution zélée de ses modèles à l’insécurité routière, Volvo ne cessa d’entretenir, comble du risible, une image sécuritaire forte aux yeux des publivores candides et autres illettrés techniques. Plus fort encore, le constructeur suédois réalisa le stupéfiant exploit de monnayer sa basse technologie de Lada au tarif Mercedes. Une prouesse qui trouva son accomplissement dans le rarissime coupé 780, héroïque interprétation glamour signée Bertone et facturée 300.000F en 1986, soit la somme de deux 740 GL et demie, snobisme compris.
Après nous être délectés de pareilles attractions de foire, vous comprendrez aisément dans quelle détresse l’idée même d’une Volvo moderne me laisse. Plus que jamais LA Volvo de toujours me manque. Excusez ma sensiblerie, mais le lynchage, cela crée des liens.
05 février 2007
Ridicule.
Non, le ridicule ne tue pas. Il roule. Vous l'avez sans doute déjà croisé sur la route. Peut-être même étiez-vous dans la même voiture que lui et d'ailleurs, allez savoir si ce n'était pas vous, là, le ridicule ! Evidemment, vous ne vous êtes doutés de rien car si je puis vous faire une confidence, le ridicule n'est-il pas généralement le dernier à savoir qu'il l'est ?






